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mardi 28 février 2012

Les niches de moches

Le marché des sites de rencontres en ligne est tellement saturé que les niches se multiplient : après JewishFriendFinder, Gauche-rencontre et Droite-rencontre voici Rencontre-Moche !


Ça donne envie, non ?

lundi 29 mars 2010

Le point G est mort, vive le point G !

Tout fout l'camp, c'est la crise, la VPC se porte mal et le point G n'existerait pas. Pas de quoi faire des bonds de joie en somme.
Alors, à quelques jours du mois d'avril, durant lequel — dit-on — il ne faut pas se découvrir d'un fil, les 3 suisses frappent fort pour vendre quelques chiffons de plus à la ménagère de moins de 50 ans.

Notre point G il est dans la penderie
Ah ouais ? Et notre cerveau il est où ? Au placard ?


Je vois d'ici le brainstorm :

"Ah ouais, j'y pense, tout ce battage autour du point G qui n'existerait pas, ça a du leur miner le moral aux nanas... c'est p'têt pour ça qu'elles consomment moins...

— Les nanas ?!! Tu rigoles ? Elles s'en foutent de baiser, c'est pas leur truc, la seule chose qui les fait mouiller c'est de faire du shopping avec la carte de crédit de leur mec !

— Putain, ça me rappelle quelque chose ça... ah oui ! C'est pas Berlusconi qui a dit que le point G des femmes il était dans la dernière lettre du mot shopping ?

— Ouais, ouais, c'est vrai...

— ...

— Mais les mecs, on la tient notre accroche !!!

— Ah ouais ?

— Mais oui ! un truc du style "mon point G, il est dans mon placard !"
Tu vois les nanas, elles ont abandonné l'idée d'être vaginales, d'être de vraies femmes quoi, du coup elles mettent ça au placard, mais à la place elles s'habillent en femmes quoi...

— Oué peut-être, mais j'aime pas trop le mot "placard", c'est anxiogène...

— Dressing ? Comme ça il y a le "G" ?

— Pas mal, mais c'est trop... anglais tu vois, c'est de la VPC, on parle à Mme Michu là...

— Penderie ?

— Ah ouais, penderie c'est bien, c'est plus féminin, on dit une penderie tu vois, alors que le placard c'est masculin, dressing aussi d'ailleurs... Et puis penderie on pense tout de suite robes, jupes, des fringues de meuf quoi...

— Alors on dit quoi ? "Mon point G il est la penderie" ?

— J'crois qu'on devrait s'adresser à toutes les femmes, après tout elles sont toutes concernées par cette histoire de point G qui n'existe pas, non ?"

— "Notre point G, il est dans la penderie" ?

— Ah ouais, ça sonne bien ça, on sent le côté "moi mon pied j'le prends avec les fringues !"

— Oué j'aime bien !

— Moi aussi ! Ça me fait penser à ce truc de quand j'étais ado là : "écarte les cuisses v'la les 3 suisses" !

— Mwhaaaaahahhaahhaah"


Et voilà en somme comment on glisse progressivement du
je pense donc je suis
à un triste
je consomme donc je suce.

lundi 17 novembre 2008

Femmes, enfants ou consommatrices ?



Voici une publicité print des années 1970 assez dérangeante. Elle m'a fait penser à une série de photographies de Brooke Shields prises par Gary Gross : The Woman in the Child. Ces photographies de Gary Gross, représentant l’actrice Brooke Shields à 10 ans, maquillée et nue dans son bain, ont été réalisées en 1975, avec le consentement du modèle et l’accord des parents... En particulier celui de la mère de l'actrice, Terry Shields, qui y voyait alors l'opportunité de construire la carrière de sa fille. Cependant, Brooke Shields intenta un procès contre Gary Gross en 1981, invoquant le préjudice que lui causait la diffusion de ces photographies. Le jugement fut rendu en 1983, donnant le droit à Ross de disposer librement de ces photographies.



Par le biais de ces photographies, Brooke Shield se retrouve investie d'une mission d'érotisation de l'enfance. On peut parler de mission parce qu'il y a un but purement mercantile à cette transgression ; elle répond à la volonté de l'industrie de la beauté, à la fin des années 70, d'élargir sa cible à un public toujours plus jeune, voire à de très jeunes filles, en surfant sur la vague de la libération de la femme. Brooke Shields perd donc son identité propre pour devenir un symbole, une icône, ou même une marque : c'est LA femme-enfant dans l'imaginaire collectif. C'est cette confusion entre identité, libération de la femme et marketing que Gary Gross a dépeint dans cette série de photographies. Et c'est sûrement pour cette raison que l'artiste Richard Prince choisira de s'approprier en la re-photographiant l'une des épreuves de Gary Gross.

By Richard Prince, Spiritual America. A Photograph of Brooke Shields by Garry Gross, 1983


mardi 4 novembre 2008

Obama vs McCain, petits plaisirs coupables dans le secret de l'isoloir...

Je suis certaine que vous suivez tous avec grand intérêt le déroulement des élections présidentielles américaines. Vous serez donc heureux d'apprendre que tout est fait pour encourager les américains à aller voter. Et quand je dis tout, je veux dire qu'ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère. Ainsi, à New-York et à Seattle, la chaîne de sex-shop Babeland est allée jusqu'à offrir gracieusement aux votants deux gadgets sexuels répondant aux doux noms de "Maverick Sleeve" et "Silver Bullet"...


Reste à savoir lequel représente le Parti Démocrate et lequel le Parti Républicain...
Finalement certains citoyens américains ne seront pas totalement seuls dans l'isoloir au moment de voter.
Attention aux taches mal placées sur les bulletins de vote !

L'art du "product placement" sur AdultFriendFinder

On n'arrête pas le progrès...

Comme en témoigne ce portrait d'un utilisateur masculin d'AFF transmis par l'une de mes amies, le temps est venu de sortir des sentiers battus : le placement produit s'immisce jusque dans les recoins les plus saugrenus, dans les photos osées des membres d'AFF par exemple.
L'iPhone est décidément partout, et il est autrement plus sexy que le mâle torse-nu qui le brandit.
L'homme moderne est-il un porte-iPhone ? La question mérite d'être étudiée...

jeudi 30 octobre 2008

AdultFriendFinder, le réseau social de la misère sexuelle masculine ?


Je suis, comme toujours, très attirée par les sites interlopes que l’on peut trouver en flânant sur le web. Je me suis donc inscrite sur AFF, avec l’espoir d’y trouver des anecdotes amusantes à vous raconter. Je n’ai manifestement pas perdu mon temps, il s’avère que la possession d’une paire de chromosome X vous transforme immédiatement en une sorte de VIP sur AFF. Je reçois une quarantaine de messages par jour, émanant d’hommes de tous les âges et de toutes les catégories socio-culturelles. Je pense même créer une rubrique des « perles » d’AFF, tellement certains messages me font rire…
Il est aisé de comprendre ce que recherchent les hommes sur un tel réseau : du sexe facile et sans "prise de tête" comme ils disent. Certains vont même jusqu’à proposer une rémunération…
Plus difficile de savoir ce qu’il en est des femmes. Il y a des libertines, des call-girls officiant sur le réseau, de faux profils créés de toutes pièces pour attirer le chaland. Ce qui est sûr c’est qu’il n’y a pas assez d’offre féminine réelle par rapport à la demande masculine, voilà qui explique pourquoi ma boîte aux lettres est engorgée par des messages plus saugrenus les uns que les autres.
Donc, dans ma grande générosité, j’ai décidé, messieurs, de vous donner quelques conseils gratuits en stratégie de marque afin que vous génériez un meilleur ROI sur AFF.


Pour vous messieurs, quelques conseils en termes de branding :

Identité visuelle :
Les photos de pénis turgescents ne mettent pas forcément en appétit, pas plus d’ailleurs lorsqu’ils s’immiscent dans l’un des orifices d’une demoiselle anonyme.
Mettre son visage peut être dangereux, imaginez que votre patron se soit inscrit sur AFF… Il ne vous considérera plus jamais comme avant !
Le mieux c’est finalement de montrer vos fesses ou votre torse. Et surtout, n’oubliez pas que l’éclairage compte, il peut vous mettre en valeur.

Identité de marque :
Votre profil c’est votre vitrine. Remplissez-le avec soin, et évitez si possible les fautes d’orthographe. Essayez de donner une bonne image de vous, vous ne voulez pas passer pour un vieux vicelard tordu… N’hésitez pas non plus à ajouter des informations qui sortent du domaine sexuel, c’est ce qui donnera une réelle valeur ajoutée à votre profil. Dans une rencontre, les points communs comptent. Une pincée d’humour est toujours la bienvenue, n’oubliez pas que vous n’êtes pas le seul inscrit, loin de là… Il vous faut à tout prix vous différencier pour toucher votre cible !

Stratégie de communication :
Le premier message est très important. Si vous désirez une réponse, soignez-en l’écriture : pas de style SMS ou de « on baise ? ». Ce n’est pas non plus une lettre de motivation, évitez les formule de politesse comme « cordialement » ou « je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués », c’est ridicule. Votre message doit transmettre un contenu, expliquez à votre interlocutrice pourquoi son profil vous a interpellé (photos, goûts musicaux, fantasmes, etc…). Si vous désirez joindre des photographies, envoyez-lui une photo de votre visage, pas de votre braquemart, c’est de très mauvais goût. Parlez-lui d’elle plus que de vous (les femmes sont vaniteuses, prétentieuses et égocentriques, c’est bien connu), vous mettrez ainsi toutes les chances de votre côté pour qu’elle vous réponde.



mardi 27 mai 2008

Du buzz à la déception : la Sirène de Fiji ou comment marketer efficacement un canular…





Nous sommes tous fascinés par les anomalies de la nature, par les monstres de foires, plus encore si ces monstres revêtent des attributs plutôt séduisants, comme un visage féminin, ou mieux encore, une poitrine dévêtue…. Mais l’histoire de la sirène Fiji n’est pas une simple affaire de pulsion scopique, c’est aussi l’histoire d’un buzz magistralement orchestré : un vrai marketing du monstre de foire… qui ne tient pas ses promesses.
C’est en 1842, au beau milieu d’un siècle marqué par le goût du public pour les foires et autres expositions universelles, qu’un Anglais, se faisant appeler Dr. J. Griffin, éminent membre du Lycée Anglais d’Histoire Naturelle, débarque à New York avec sa compagne. Son arrivée, loin de passer inaperçue, fait du bruit dans la presse. Sa compagne, loin d’être une banale ménagère, arbore un physique plutôt original. Et pour cause, elle ne possède ni pieds, ni jambes, son corps se termine par une queue de poisson. Griffin est venu sur le nouveau continent avec une momie de sirène.
Or, la simple évocation du mot « sirène » est prompte à faire rêver : qui ne connaît pas ces créatures mythiques, mi-femmes, mi-poissons dont les chants envoûtants ont précipité tant d’hommes à la mer…
C’est alors que, alléché par le potentiel lucratif d’une telle créature, P.T. Barnum contacte Griffin et le convainc de montrer sa sirène au sein de son musée de freaks. Mais sa tentative se solde par un refus. Mais Barnum a plus d’un tour dans son sac, et il se hâte de contacter les journaux les plus influents pour leur proposer de diffuser une gravure représentant soi-disant la fameuse Sirène Fiji. L'image montre une séduisante jeune femme qui exhibe fièrement sa poitrine dévêtue et déroule avec élégance une fine queue de poisson.


Sautant sur l’occasion d’augmenter leur tirage, de nombreux journaux publient la gravure, et le buzz autour de la sirène du Dr Griffin prend une énorme ampleur. Tout le monde à New-York, ne parle plus que de la merveilleuse sirène Fiji. La publicité aidant, Griffin accepte finalement d’exposer sa sirène pendant une semaine au Concert Hall de Broadway. Et c’est une énorme foule qui se presse devant l’exposition, trépignant d’impatience à l'idée de voir la merveilleuse créature aux seins nus.
Or, quelle ne fût pas leur déception, tout d’abord, la sirène n’était pas aussi sexy que les publicités parues dans la presse le laissait présager, et la foule ne pardonna jamais à Griffin d’avoir réduit en cendres leurs (libidineux ?) rêves d’enfants. La soi-disant sirène présentait l’aspect — peu attractif, c’est le moins qu’on puisse dire — d’un singe ratatiné et momifié dont le haut du corps aurait été soudé à une queue de poisson séchée. Une véritable incarnation de la laideur !


Vous pouvez aisément imaginer quelle fut la réaction du public : mi-déçus de ne pouvoir mater des seins de sirène et en même temps submergés par une fascination morbide envers l’hideuse créature exposée…
Mais l’histoire de la sirène de Fiji ne s’arrête pas là, car une telle créature, vous le savez aussi bien que moi, n’a jamais existé, pas plus que Griffin n’était membre d’un quelconque Lycée Anglais d’Histoire Naturelle, ou même anglais… D’ailleurs il ne s’appelait pas du tout Griffin mais Levi Lyman. Toute cette histoire avait été savamment orchestrée par Barnum lui-même afin de donner un vernis scientifique au phénomène. Il avait monté un plan d’action, du début à la fin, pour créer le buzz autour d’une simple momie de singe cousue à une queue de poisson par un quelconque pécheur Japonais…


Moralité : la publicité nous fait rêver et la réalité déçoit, c’était vrai en 1842 et ça reste vrai aujourd’hui, mais le principal c’est que Barnum se soit fait beaucoup d’argent.