mercredi 3 décembre 2008

Le polyamour, c'est byzance ou c'est prise de tête ?

Le concept de couple vivrait-il ses derniers instants ? Mille fois morcelé et recomposé, soumis aux affres du divorce et de la jalousie ; il fait désormais pâle figure à côté du concept diablement plus disruptif qu’est le polyamour.
Si le nom est affreux, la pratique semble agréable. Vivre des histoires d’amour multiples, varier les plaisirs, pourquoi pas. Mais qui dit amour dit exclusivité, comment laisser sa jalousie, pour une fois, au vestiaire — est-ce qu’il y a des techniques particulières ? Il semblerait qu’il n’y ait pas de règles précises en la matière, l’essentiel étant de savoir se montrer réactif.
Le polyamour n’est pas à l’amour ce que la partouze est au sexe, le polyamour est un style de vie.
Prenons pour exemple une soirée d’anniversaire organisée par un polyamoureux notoire, appelons le A pour respecter son anonymat. Étant donné que A invite son amoureuse B à son anniversaire, laissant de côté ses amoureuses C et D. Si nous considérons que B s’est vexée quand elle a appris qu’il l’avait invitée seulement parce que D ne pouvait pas venir et qu’elle décide donc d’amener son deuxième amoureux — que nous désignerons par X pour plus de commodité — avec elle. Vous me suivez toujours ? Bon, je continue. Alors B se pointe chez A avec X, qui n’avait pas été préalablement informé qu’ils se rendaient à l’anniversaire de l’autre amoureux de son amoureuse, déçu, il appelle son amoureuse Y pour ne pas se retrouver à tenir la chandelle comme un con. Or, c’est justement le moment que choisit C, fort à propos, pour débarquer à l’anniversaire de A : elle voulait lui faire une surprise, cette conne. Elle est abasourdie de se retrouver face à X, l’un de ses nombreux amoureux…
Ce genre de pratiques peut tourner au problème de maths ou au pugilat, au choix. Vous ne me ferez pas croire que le polyamour puisse être une pratique reposante. Pour en sortir indemne, il faut avoir un certain talent de manager, une bonne mémoire et surtout un sens de l’humour à toute épreuve.

1 commentaire:

Ménalque a dit…

Personnellement, je trouve l'histoire d'un comique vaudevillesque. Oui, personnellement, j'aurais aimé faire partie de la pièce, même et surtout pour tenir la chandelle afin de ne pas manquer un instant. Il faut avouer que, à un anniversaire, il y en a des chandelles à tenir avec les bougies du jubilaire.

Non, franchement, un anniversaire, ce n'est pas le genre de circonstance où qui que ce soit est sensé se retrouver à tenir la chandelle :

"Du temps où les lampes de chevet n'existaient pas, les valets et les soubrettes devaient tenir le chandelier à leurs maîtres durant leurs ébats, en leur tournant le dos. Depuis, l'expression est restée et on dit qu'une personne "tient la chandelle" lorsqu'elle est seule avec un couple. La plupart du temps, ceci évoque une situation inconfortable."

Non, mais franchement et sérieusement, une fête d'anniversaire ne correspond pas à ce genre de situation. Ce genre de moments privilégient plutôt les rapports amicaux.

C'est d'autant plus vaudevillesque, que les mécanismes du vaudeville sont sensés tourner à vide, mais...

... n'en tourne pas moins dans les esprits visiblement.